Rafael Mandressi

matérialité des savoirssupportsupport de communicationexposition espaces savantslieumusée espaces savantslieuacadémie acteurs de savoircommunautéinstitution espaces savantslieumuséeParmi les entrées multiples qui s’offrent à l’historien, à l’anthropologue ou au sociologue des sciences pour interroger les enjeux des activités savantes, celle dont les objets résultent d’approches croisant les institutions et les espaces n’est pas des plus fréquentées. Ce croisement est ici posé. Il se dessine à travers les figures qu’en fait émerger chacune des trois études de cas qui composent cette section : l’Académie royale des sciences, le musée de l’Homme, l’Exposition internationale japonaise de 2005. Des cas dont il importe de ne pas sous-estimer l’hétérogénéité ni encore moins de la réduire, mais au contraire de s’en saisir et de prendre en compte l’ensemble des éclairages singuliers que chaque analyse apporte. C’est en effet par la mise en contiguïté de ces matériaux et non pas par une démarche immédiatement généralisante ni même comparatiste que l’on peut en tirer le meilleur parti heuristique : l’intimité de l’alliance entre les institutions savantes et les espaces de savoir apparaît d’autant mieux que la diversité des formes qu’elle assume est mise en lumière. Une alliance, c’est-à-dire une cohérence dans l’imbrication des propriétés des espaces et des fonctions des institutions, de leurs natures respectives, des intentions qui président à la configuration des uns et à l’organisation des autres.

construction des savoirsvalidation acteurs de savoircommunautéinstitution typologie des savoirsdisciplinessciences humaines et socialeshistoireOr c’est bien le terrain que cela désigne qui reste relativement peu exploré. Certes, les pratiques institutionnelles ont été au cœur de très nombreux travaux, qui ont mis en évidence les articulations de ces pratiques avec les régimes de production des savoirs : il en est ainsi, par exemple, des études sur le rôle de la sociabilité académique dans la mise au point des modalités de validation des connaissances, sur les processus d’instauration de l’autorité scientifique, ou encore sur la définition de dispositifs textuels et de circuits de publication afférents aux communautés savantes1. Les « civilités de la preuve », les systèmes de patronage, l’établissement des normes de recevabilité des apports de connaissance sont en effet autant de problèmes et d’objets par lesquels l’histoire des sciences a abordé, depuis au moins une vingtaine d’années, la thématique institutionnelle. Des approches plus descriptives, voire quantitatives, n’ont pas pour autant cessé de nourrir des recherches qui visent à rendre compte de la structure et du fonctionnement des institutions savantes, y compris sur le plan administratif, économique et financier. La question de l’institutionnalisation, enfin, cruciale à maints égards en ce qu’elle touche à l’établissement des savoirs ainsi qu’à leur statut social et politique, a été également soulevée et traitée, quoique dans une moindre mesure2.

pratiques savantespratique artistiquearchitecture espaces savantslieu acteurs de savoircommunautéinstitutionL’intérêt pour les espaces, en revanche, n’est devenu véritablement significatif qu’assez récemment. À l’instar des analyses littéraires et rhétoriques3, de l’histoire des textes4 ou de celle des arts visuels5, l’histoire de l’architecture paraît féconder, depuis quelques années, un programme de recherche émergent en histoire des sciences6. Les perspectives ainsi ouvertes invitent à envisager l’espace non plus comme le cadre matériel plus ou moins contingent d’un projet intellectuel, mais comme étant une de ses dimensions constitutives : les espaces de savoir font sens par leurs usages, par les intentions qui ont informé leur aménagement, par les objets qui y sont disposés, par les typologies architecturales en jeu, par leurs évolutions et métamorphoses.

pratiques savantespratique manuelledissection typologie des savoirsdisciplinessciences formelles et expérimentalessciences de la vie et de l’environnementanatomie pratiques savantespratique corporelleperceptionvision espaces savantslieuamphithéâtreLes amphithéâtres d’anatomie à la Renaissance en fournissent un exemple des plus parlants. Un des traits marquants de l’anatomie du xvi e siècle est l’affirmation d’un principe méthodologique et épistémologique selon lequel la vue devait être la voie privilégiée d’accès à la connaissance de la structure du corps, par opposition à un savoir livresque qu’il fallait mettre à l’épreuve des sens. On assiste de la sorte à l’énonciation d’un « programme sensoriel » dans l’acquisition et la validation des connaissances7. La volonté d’y satisfaire amena, entre autres, la création d’un type d’espaces entièrement organisés en fonction de la vue : les théâtres d’anatomie, destinés à la réalisation des dissections publiques. Celles-ci, qui servaient essentiellement à des fins d’enseignement, dépassaient toutefois le cadre purement pédagogique, car elles s’adressaient à une assistance plus vaste que celle des seuls étudiants. D’où leur appartenance à un contexte de démonstration, dont un premier sens correspond à ce que l’on pourrait caractériser comme une mise en spectacle du savoir. Or les cadavres ouverts, offerts à la vue d’un public nombreux et varié dans des espaces spécifiquement conçus afin d’optimiser la perception visuelle, sont aussi les éléments d’une mise en spectacle du programme sensoriel lui-même, concrétisé dans un événement et un lieu qui exprimaient le nouvel ordre instauré en anatomie par la proclamation de la primauté des sens. En outre, les dissections publiques étaient aussi des moments de validation. Démontrer renvoie, dans cette perspective, à prouver : la confrontation des dires de l’anatomiste avec la réalité visible du cadavre trônant au centre de l’amphithéâtre définissait le moyen par excellence d’amener la preuve irréfutable de ce qui était proféré. Dans ces trois figures de la démonstration, démontrer équivaut à montrer : montrer le corps et montrer la science qui le dévoile, déployer au grand jour le dispositif anatomique, rendre visibles ses nouveaux moyens, sa puissance, ses acquis et ses horizons. C’est, au propre, la mise en avant des fondements sur lesquels fut érigée, au xvi e siècle, la nouvelle anatomie. La vue est la clé de la science des corps, rapport au sensible où l’on veut abolir la distance qui sépare le savant de la nature, appréhension immédiate dans les amphithéâtres, ces observatoires de la fabrique du corps qui permettaient aux spectateurs de participer à la consécration de l’expérience visuelle comme pierre angulaire de la connaissance anatomique.

Résumer le monde, connaître l’homme

construction des savoirspolitique des savoirsgestionnégociation construction des savoirspolitique des savoirsgestion matérialité des savoirssupportsupport de communicationexposition construction des savoirstraditionLes cas examinés dans les trois articles qui suivent montrent des aspects bien différents du regard que ces perspectives aident à poser sur les physionomies des savoirs. Prenons l’Exposition internationale japonaise de 2005 : le choix de l’installer dans une région forestière, rappelle Sophie Houdart, répond à la volonté des organisateurs de mettre l’accent sur le thème des relations de l’homme à l’environnement naturel, renvoyant par là à une harmonie spécifiquement japonaise qu’il s’agit de revendiquer et de promouvoir. À partir de ce propos initial, de multiples initiatives, projets et interventions se succèdent, des contestations aussi, au gré desquels des ajustements sont introduits aux idées de départ qui ont motivé l’implantation du site. Il en résulte, au terme de ce processus, l’inscription dans l’espace du fruit d’un compromis auquel il a fallu aboutir, sans renoncer pour autant à l’intention originelle. Or celle-ci n’a pas été la seule contrainte, puisqu’une exposition universelle est un événement à la fois unique et inséré dans une tradition vieille d’un siècle et demi. Bien que conceptuellement et politiquement revisitée au fil du temps, cette tradition n’implique pas moins la reconduction d’un certain nombre de traits qui ont, eux aussi, une traduction spatiale : pavillons, parcours, mobilisation des typologies combinées du parc, du village et de l’installation. On peut dès lors questionner ce que ces permanences transmettent dans la durée, comment elles marquent la continuité historique d’une institution dont les manifestations sont intermittentes, dans quelle mesure son identité est exprimée par ces îlots de représentativité présumée que l’on propose comme autant de déclinaisons de l’universalité que l’ensemble devrait refléter.

typologie des savoirsobjets d’étudesociété typologie des savoirsobjets d’étudecorps humain construction des savoirstraditionpatrimonialisation espaces savantslieumuséeEspaces éphémères, institution clignotante, les expositions universelles laissent néanmoins des traces et peuvent, le cas échéant, enfanter d’autres institutions, d’autres entreprises de savoir. C’est le cas du musée de l’Homme à Paris, dont Benoît de L’Estoile retrace la généalogie : tout commence bien en amont, avec l’Exposition universelle de 1878, à l’issue de laquelle est créé le musée d’Ethnographie du Trocadéro ; c’est à son tour l’Exposition universelle de 1937 qui donne l’occasion de construire un nouveau bâtiment pour ce musée, tandis que, entre-temps, l’Exposition coloniale de 1931 avait fourni des vecteurs idéologiques déterminants à la fondation du nouvel établissement. Or, loin de constituer une simple fixation du dispositif des expositions universelles – ni dans leur agencement à la façon d’un archipel démontable ni dans leur projet d’universalité par juxtaposition de bribes choisies du monde –, le musée de l’Homme matérialise des visées scientifiques qui lui sont propres. S’il est une institution, il est également un outil d’institutionnalisation : d’une discipline, l’ethnologie, dont on définit le découpage des objets, les objectifs, les méthodes. Le Musée est le support et le vaisseau amiral de l’opération de refonte et de fusion de traditions disciplinaires qui vise à unifier le champ de l’étude scientifique de l’homme.

pratiques savantespratique intellectuellehiérarchisation pratiques savantespratique intellectuelledocumentation construction des savoirstraditiontransmission pratiques savantespratique intellectuellecomparaisonCentre de documentation, de recherche et d’enseignement, voué à la production ainsi qu’à la transmission et à la diffusion du savoir, le musée de l’Homme répond dans son organisation à la tradition française, évoquée par Benoît de L’Estoile, du musée comme lieu pédagogique. En tant que lieu de traitement de matériaux provenant du terrain à travers un réseau centripète, il répond aussi à une certaine conception de la division du travail scientifique ; ces matériaux étant supposés essentiellement bruts, il répond par ailleurs à une conviction théorique de type inductiviste – la collecte et la description, la production de monographies précèdent toute généralisation ; la représentation idéale de ce système répond enfin, dans la vision de ses inspirateurs, à une image reliant activité, fonctions et espaces que la métaphore du système nerveux exprime mieux que toute autre8.

pratiques savantespratique intellectuellehiérarchisation typologie des savoirsdisciplinessciences humaines et socialesanthropologie espaces savantslieumusée construction des savoirspolitique des savoirsinstitutionnalisationOn se gardera d’extraire de cet ensemble d’attributs une catégorie figée que d’autres cas pourraient aussi bien illustrer. Mieux vaut rester attentifs à ce que celui du musée de l’Homme apporte comme renseignements sur les lignes de force qui traversent une région donnée du paysage intellectuel, à un moment et dans un milieu particuliers. Cela n’entame nullement, loin s’en faut, la pertinence de la méthode qui consiste à tirer parti de ce qu’un cas peut suggérer comme éléments à observer lorsqu’on porte son regard ailleurs. Il suffit d’évoquer l’exemple du musée d’Anthropologie de Mexico pour apprécier le bien-fondé des deux critères. Héritier du Musée national d’archéologie, histoire et ethnographie inauguré en 1910, le Musée national d’anthropologie est créé en 1940, délesté des collections d’histoire de l’ancien établissement. C’est par élimination que l’ensemble disciplinaire de l’anthropologie est défini, à travers la désignation de deux versants, archéologie et ethnographie, que l’éviction de l’histoire promeut d’autant plus que ce choix disciplinaire est le fruit d’un geste d’institutionnalisation.

construction des savoirstraditionpatrimonialisation construction des savoirstraditionpériodisation espaces savantslieumuséeLes locaux où le Musée s’installe à partir de 1964, spécialement construits à cet effet, prolongent et ratifient ce choix, en l’inscrivant dans l’ordre architectural d’un imposant bâtiment à deux niveaux : le rez-de-chaussée consacré aux salles d’archéologie, le premier étage à celles d’ethnographie. Mais cet espace est porteur d’autres significations : le parcours obéit à une répartition par groupes ethniques, du passé ou du présent du Mexique selon qu’il s’agit de l’un ou l’autre des niveaux ; au point de départ, trônant à l’endroit même où l’axe de symétrie de l’édifice vient atteindre les murs, le visiteur découvre, dès qu’il entre, le calendrier aztèque. Voilà donc malgré tout l’histoire qui est dite, arrachée aux séquences chronologiques et rendue visible en accord avec un récit nationaliste d’État : le Mexique contemporain, celui du premier étage, se superpose au Mexique ancien du rez-de-chaussée, qui à son tour gravite autour du centre unificateur et englobant de la civilisation aztèque. Différence essentielle avec le musée de l’Homme parisien, en dépit des affinités disciplinaires : le musée d’Anthropologie de Mexico est un musée de l’homme certes, mais de l’homme mexicain.

Le politique et l’histoire

construction des savoirstraditionfondation construction des savoirspolitique des savoirsrégime politiquemonarchieL’imprégnation politique des institutions savantes, on le voit bien, n’est pas étrangère aux formes qu’elles prennent ni au périmètre des champs de savoir qu’elles recouvrent. Elle se lit dans leur organisation, dans leurs espaces, dans les missions qu’elles se donnent ou qui leur sont confiées. Cela va de soi lorsque ces institutions émanent directement du pouvoir politique ; mais, au-delà de ce constat, il convient d’examiner les figures spécifiques que revêt cette imprégnation. Le portrait de l’Académie royale des sciences dressé par James E. McClellan Iii est éloquent à ce sujet, en ce qu’il fait ressortir comment la nature – plus que l’étroitesse – des liens de cette institution avec l’État monarchique français est à la base de son originalité. Un corps d’élite, formé de savants fonctionnaires et placé sous la protection du roi, est le dépositaire de l’autorité scientifique et technique. D’où, afin d’administrer cette autorité, l’instauration de pratiques codifiées pour la certification des connaissances ; d’où aussi l’importance de la face publique de l’activité de l’institution : publications qui enregistrent et diffusent le savoir homologué, séances ouvertes mettant en scène les compétences et le fonctionnement de ce bras spécialisé de l’État. D’où, enfin, étant donné sa vocation essentielle à recevoir des propositions à évaluer, l’absence de laboratoires parmi ses espaces physiques dès son installation au palais du Louvre après la réorganisation de 1699.

espaces savantscirculationdiffusion construction des savoirspolitique des savoirscentralisation acteurs de savoircommunautéinstitution espaces savantscirculationréseauAvoir son siège au Louvre, avec ce que cette implantation représente comme signature spatiale de l’emprise politique sur l’Académie des sciences, est un fait qui n’appelle guère de commentaire. Plus instructifs sont les liens que l’Académie entretient avec d’autres institutions de l’archipel savant fonctionnant sous l’égide de la monarchie et avec son soutien : l’Observatoire, le Jardin du roi, le Collège royal, la Société royale de médecine. Arrêtons-nous un instant sur cette dernière, la plus tardive des sociétés savantes à faire son apparition sous l’Ancien Régime : elle fut créée en 1776, et ce sont les Lettres patentes de 1778 qui fixèrent son organisation définitive, calquée en tout point sur celle de l’Académie des sciences9. Tout comme celle-ci, elle avait parmi ses attributions la validation des connaissances – en matière de médecine, en l’occurrence – ainsi que le contrôle des pratiques de santé. Plusieurs de ses membres siégeaient aussi à l’Académie des sciences, dont son très influent secrétaire perpétuel, Félix Vicq d’Azyr. La Société royale de médecine faisait partie, en somme, du système d’institutions savantes d’État au cœur duquel se trouvait son modèle, l’Académie des sciences. Or on aurait tort de sous-estimer sa singularité : sa mission première, voulue par Turgot, était de mettre en place et d’entretenir un dispositif permanent d’information sanitaire à travers un réseau de correspondants couvrant l’ensemble du territoire du royaume. Des enquêtes de grande ampleur, les rapports des médecins de terrain dans les provinces, les « topographies médicales » des villes et des régions devaient être mis à profit pour l’organisation efficace des actions de prévention. D’intervention aussi. Dans sa courte existence, la Société royale de médecine fut ainsi le levier de la mise en œuvre de la première politique sanitaire d’État de grande envergure, appuyée sur un régime de production des savoirs – le système de correspondance – institutionnellement planifié et commandé.

construction des savoirstraditionfondation construction des savoirstraditiontransmission espaces savantslieumusée acteurs de savoircommunautéinstitution inscription des savoirsvisualisationvisualisation de l’informationL’histoire fugace de cette compagnie montre bien, par sa brièveté même, comment un cadre disciplinaire, un état du savoir éventuellement en transition peuvent connaître une nouvelle configuration par l’effet de réaménagement provoqué, à un moment donné, par un lieu institutionnel qui se crée. Ou bien qui se transforme, change ses pratiques, redéploie ses espaces, redistribue ses objets – voilà les collections d’anatomie et d’histoire naturelle migrant de cabinets particuliers ou académiques en galeries muséales, démontées et remontées, voire dispersées ou partiellement détruites au gré des inventaires et des expertises qui se succèdent sous la Révolution, diversement manipulées de tout temps selon les usages qu’on leur réserve : scientifiques, pédagogiques, édifiants.

construction des savoirstraditiontransfert construction des savoirstraditionstandardisation construction des savoirstraditioncanonisationOn peut suivre les trajectoires des artefacts, on peut les voir apparaître ou disparaître dans des circuits et des espaces d’exhibition qui eux-mêmes évoluent, on peut cerner les glissements ou les mutations dans les stratégies intellectuelles qui commandent les choix de ce qui est exploité ou écarté. Autrement dit, il s’agit d’une matière mouvante, changeante : historique. Elle projette sur la scène active du savoir les cristallisations d’une époque donnée autour d’une problématique, d’un système de pensée, d’une discipline, d’une manière de percevoir le monde et de lui donner une intelligibilité. L’histoire de ces concrétisations spatiales et institutionnelles, de ces répertoires d’objets, renvoie à celle de milieux sociaux et professionnels qu’il est possible d’identifier autrement que par leur production discursive ; elle renvoie à l’action des savants et à leur mise en représentation, à la stabilisation de procédures de saisie du réel et à leurs transformations. Au croisement, enfin, d’une volonté de savoir et d’une vocation à faire savoir.

Notes
1.

Il est impossible de ne pas faire référence, à ce propos, à quelques ouvrages qui sont devenus emblématiques, comme Shapin et Shaffer, 1985, ou Licoppe, 1996 ; moins cités, mais non moins marquants, cependant, sont Biagioli, 1993 et 1995 ; Moran, 1991, ou Daston, 1994. On renverra encore, dans une production historiographique désormais extrêmement abondante, à Dear, 1985 ; Findlen, 1993 ; Shapin, 1994, ou Mosley, 2000 et, pour ce qui est de l’histoire de la médecine à Siraisi, 1990. Pour des références concernant, dans cette perspective, l’Académie royale des sciences, voir dans cette même section l’article de James E. McClellan III.

2.

On citera à ce sujet, à titre d’exemple, des ouvrages décisifs concernant la médecine dans les universités médiévales : Agrimi et Crisciani, 1988 ; Jacquart, 1998, et Siraisi, 2001 ; pour les sociétés savantes, voir Salomon-Bayet, 1978, et Hunter, 1989.

3.

On ne compte plus les travaux s’y rapportant ; évoquons-en quelques-uns d’importants : Buscaglia, 1985 ; Cantor, 1989 ; Westman, 1990 ; Dear, 1991 ; Stewart, 1992 ;

Coorebyter, 1994.

4.

Chemla, 1995 ; Johns, 1993 et 1998 ; Frasca-Spada et Jardine, 2000.

5.

On pourrait multiplier les références ; on se contentera de rappeler les suivantes : Kemp, 1993 ; Baigrie, 1996 ; Jones et Galison, 1998 ; Meroi et Pogliano, 2001 ; Laurenza, 2003.

6.

Voir notamment Galison et Thompson, 1999, ouvrage collectif de synthèse, qu’ont précédé, en particulier, les contributions de Forgan, 1986, 1989 et 1994, et celles, visant également des aspects territoriaux, réunies par Smith et Agar, 1997. On signalera aussi l’étude de Yanni, 2005, centrée sur les musées d’Histoire naturelle dans l’Angleterre victorienne.

7.

Mandressi, 2003.

8.

Voir à ce sujet les propos hautement illustratifs de Paul Mus, directeur de l’École française d’Extrême-Orient au moment de la fondation du musée de l’Homme, cités dans son texte par Benoît de L’Estoile (p. 746).

9.

Voir Histoire de la Société royale de médecine. Année M.DCC.LXXVI. Avec les Mémoires de médecine & de physique médicale, pour la même année, tirés des registres de cette Société, Paris, Philippe-Denys Pierres, 1779, p. 17-24.

Appendix A Bibliographie

  1. Agrimi et Crisciani, 1988 : Jole Agrimi et Chiara Crisciani, Edocere medicos. Medicina scolastica nei secoli xiii-xv, Naples.
  2. Baigrie, 1996 : Brian Scott Baigrie (éd.), Picturing Knowledge. Historical and Philosophical Problems Concerning the Use of Art in Science, Toronto.
  3. Biagioli, 1993 : Mario Biagioli, Galileo Courtier. The Practice of Science in the Culture of Absolutism, Chicago et Londres.
  4. Biagioli, 1995 : M. Biagioli, « Le prince et les savants. La civilité scientifique au xvii e siècle », Annales HSS, 50, p. 1417-1453.
  5. Buscaglia, 1985 : Marino Buscaglia, « The Rhetoric of Proof and Persuasion utilized by Abraham Trembley », in H. M. Lenhoff et P. Tardent (éd.), From Trembley’s Polyps to New Directions in Research on Hydra : Proceedings of a Symposium Honoring Abraham Trembley (1710-1784), Genève, p. 305-319.
  6. Cantor, 1989 : George N. Cantor, « The Rhetoric of Experiment », in D. Gooding, T. Pinch et S. Schaffer (éd.), The Uses of Experiment. Studies in the Natural Sciences, Cambridge, p. 159-180.
  7. Chemla, 1995 : Karine Chemla, « Histoire des sciences et matérialité des textes. Proposition d’enquête », Enquête, anthropologie, histoire, sociologie, 1, p. 167-180.
  8. Coorebyter, 1994 : Vincent De Coorebyter (éd.), Rhétoriques de la science, Paris.
  9. Daston, 1994 : Lorraine Daston, « Baconian Facts, Academic Civility and the Prehistory of Objectivity », in A. Megill (éd.), Rethinking Objectivity, Durham, p. 37-63.
  10. Dear, 1985 : Peter Dear, « Totius in Verba : Rhetoric and Authority in the Early Royal Society », Isis, 76, p. 145-161.
  11. Dear, 1991 : P. Dear (éd.), The Literary Structure of Scientific Argument : Historical Studies, Philadelphie.
  12. Findlen, 1993 : Paula Findlen, « Controlling the Experiment : Rhetoric, Court Patronage and the Experimental Method of Francesco Redi », History of Science, 31, p. 35-64.
  13. Forgan, 1986 : Sophie Forgan, « Context, Image and Function : a Preliminary Enquiry into the Architecture of Scientific Societies », British Journal for the History of Science, 19, p. 89-113.
  14. Forgan, 1989 : S. Forgan, « The Architecture of Science and the Idea of a University », Studies in the History and Philosophy of Science, 20, p. 405-434.
  15. Forgan, 1994 : S. Forgan, « The Architecture of Display : Museums, Universities, and Objects in Nineteenth-Century Britain », History of Science, 32, p. 139-162.
  16. Frasca-Spada et Jardine, 2000 : Marina Frasca-Spada et Nicholas Jardine (éd.), Books and the Science in History, Cambridge.
  17. Galison et Thompson, 1999 : Peter Louis Galison et Emily Ann Thompson (éd.), The Architecture of Science, Cambridge (Mass.).
  18. Hunter, 1989 : Michael C. Hunter, Establishing the New Science : the Experience of the Early Royal Society, Woodbridge.
  19. Jacquart, 1998 : Danielle Jacquart, La Médecine médiévale dans le cadre parisien, Paris.
  20. Johns, 1993 : Adrian Johns, « Terra Incognita Recognita : Printing and the Materiality of Scientific Communication since 1450 », in J. Dhombres, E. Ausejo et M. Hormigón (éd.), Livret des symposiaet des conférences plénières. Actes du xix e  Colloque d’histoire des sciences, Saragosse, p. 259-265.
  21. Johns, 1998 : A. Johns, The Nature of the Book. Print and Knowledge in the Making, Chicago.
  22. Jones et Galison, 1998 : Caroline A. Jones et Peter Louis Galison (éd.), Picturing Science, Producing Art, New York.
  23. Kemp, 1993 : Martin Kemp, « “The Mark of Truth”. Looking and Learning in Some Anatomical Illustrations from the Renaissance and Eighteenth Century », in W. F.  Bynum et R. Porter (éd.), Medicine and the Five Senses, Cambridge, p. 85-121.
  24. Laurenza, 2003 : Domenico Laurenza, La ricerca dell’armonia. Rappresentazioni anatomiche del Rinascimento, Florence.
  25. Licoppe, 1996 : Christian Licoppe, La Formation de la pratique scientifique. Le discours de l’expérience en France et en Angleterre (1630-1820), Paris.
  26. Mandressi, 2003 : Rafael Mandressi, Le Regard de l’anatomiste : dissections et invention du corps en Occident, Paris.
  27. Meroi et Pogliano, 2001 : Fabrizio Meroi et Claudio Pogliano (éd.), Immagini per conoscere. Dal Rinascimento alla rivoluzione scientifica, Florence.
  28. Moran, 1991 : Bruce T. Moran (éd.), Patronage and Institutions. Science, Technology and Medicine at the European Court, 1500-1750. xviii e Congrès international d’histoire des sciences (Hambourg, 1989), Rochester (N. Y.).
  29. Mosley, 2000 : Adam Mosley, « Astronomical Books and Courtly Communication », in M. Frasca-Spada et N. Jardine (éd.), Books and the Science in History, Cambridge, p. 114-131.
  30. Salomon-Bayet, 1978 : Claire Salomon-Bayet, L’Institution de la science et l’expérience du vivant. Méthode et expérience à l’Académie royale des sciences, 1666-1793, Paris.
  31. Shapin, 1994 : Steven Shapin, A Social History of Truth. Civility and Science in Seventeenth-Century England, Chicago.
  32. Shapin et Schaffer, 1985 : Steven Shapin et Simon Schaffer, Leviathan and the Air-Pump : Hobbes, Boyle, and the Experimental Life, Princeton ; Léviathan et la pompe à air : Hobbes et Boyle entre science et politique, trad. de l’anglais par Th. Piélat et S. Barjansky, Paris, 1993.
  33. Siraisi, 1990 : Nancy G. Siraisi, « Sixteenth-Century Medical Innovation between Princely Patronage and Academic Controversy : the Case of Giovanni Argenterio », Osiris, 6, p. 161-180.
  34. Siraisi, 2001 : N. G. Siraisi, Medicine and the Italian Universities, 1250-1600, Leyde.
  35. Smith et Agar, 1997 : Crosbie Smith et Jon Agar (éd.), Making Space for Science. Territorial Themes in the Shaping of Knowledge, Basingstock.
  36. Stewart, 1992 : Larry Stewart, The Rise of Public Science : Rhetoric, Technology and Natural Philosophy in Newtonian Britain, 1660-1750, Cambridge.
  37. Westman, 1990 : Robert Westman, « Proof, Poetics and Patronage : Copernicus’ Preface to De Revolutionibus », in D. Lindberg et R. Westman (éd.), Reappraisals of the Scientific Revolution, Cambridge, p. 167-205.
  38. Yanni, 2005 : Carla Yanni, Nature’s Museums. Victorian Science and the Architecture of Display, New York.