Ann Blair

typologie des savoirsdisciplinesdivisions historiques des savoirshumanisme inscription des savoirslivreindex pratiques savantespratique lettréelecture inscription des savoirslivretable des matières inscription des savoirslivreimpriméLe livre imprimé n’a inventé ni la table des matières ni l’index, attestés depuis l’Antiquité et le xiii e siècle respectivement. Néanmoins les nouvelles conditions technologiques et culturelles présentes à la Renaissance ont suscité une explosion de paratextes de ce type, souvent novateurs. L’imprimerie a facilité la production de gros livres, notamment des ouvrages destinés à être consultés plutôt que lus de bout en bout. Parmi eux, les ouvrages de référence de la culture humaniste qui, présentant une vaste matière, attiraient ainsi toute une diversité de lecteurs, ont joué un rôle important dans le développement ultérieur des outils de consultation. Organisés de différentes façons (alphabétique, systématique ou en miscellanées), ces genres comportaient toujours une ou plusieurs aides à la consultation : table des matières, index alphabétiques multiples (de rubriques, de noms propres, de « mots et choses mémorables » et, très rarement, index d’auteurs cités) et diagrammes à embranchements.

pratiques savantespratique lettréecopie manuscrite inscription des savoirsgenre éditorialencyclopédie matérialité des savoirsmatériauparchemin matérialité des savoirsmatériaupapyrusLes outils de consultation sont particulièrement importants dans le cas de gros livres. Or l’imprimerie a facilité la production et la diffusion de ces derniers autant que des petits volumes. On en trouve bien sûr avant le xv e siècle, mais ils sont plus rares et presque jamais diffusés en entier. Très peu de gros livres de l’Antiquité sont parvenus complets jusqu’à nous – seule l’Histoire naturelle de Pline avec quelque 450 000 mots. Il existait d’autres ouvrages encyclopédiques, mais ils n’ont pas survécu. De l’Histoire de Rome de Tite-Live par exemple nous n’avons que 36 des 142 livres rédigés à l’origine ; de la littérature ancienne au total nous n’avons aujourd’hui que 20 % des textes produits par les auteurs dont nous connaissons l’existence1. Comme le papyrus ne survit (sauf circonstances exceptionnelles) pas plus de deux ou trois siècles, un texte ancien n’a pu être transmis que s’il a été recopié assez fréquemment pour assurer qu’un exemplaire fiable fût disponible lorsqu’un scribe chrétien s’intéressait à en faire une copie sur parchemin. Or toute copie exigeait une dépense considérable, et les plus gros livres étaient les plus coûteux à copier. Au Moyen Âge au moins, étant donné la durabilité du parchemin, des textes ont pu survivre même en un seul exemplaire ; mais le coût de la copie restait très élevé. On a conservé un texte énorme du Moyen Âge, le Speculum maius de Vincent de Beauvais, qui compte plus de 4,5 millions de mots, chiffre qui ne sera égalé par un ouvrage de référence imprimé qu’à la fin du xvi e siècle 2. Le Speculum de Vincent, divisé en quatre parties dont la dernière fut rédigée après la mort de l’auteur, eut un retentissement considérable, dont témoignent quelque 300 manuscrits survivants et le réemploi de sa matière dans d’autres encyclopédies plus brèves3. Mais la majorité des lecteurs médiévaux de ce texte n’a jamais vu qu’une partie du manuscrit. Sur les centaines de manuscrits du Speculum qui survivent, deux seulement sont complets ; tous les autres sont des copies partielles – copies du Speculum historiale seulement (la partie la plus diffusée), ou bien transcriptions de passages traitant d’un sujet particulier, pour répondre aux intérêts individuels de ceux qui en avaient commandé la copie. L’ouvrage de Vincent n’a donc été diffusé dans son intégralité que dans les éditions imprimées, surtout celles de 1591 et 1624, car les éditions de la période incunable portent toutes sur l’une ou l’autre des quatre parties.

inscription des savoirslivreimprimé pratiques savantespratique lettréeextraitL’imprimerie a réduit les coûts de production d’un livre pour chaque exemplaire dès lors que l’on en vendait au moins quelques centaines. Cette industrie demandant un investissement spéculatif (puisque les livres sont imprimés avant d’avoir trouvé des acheteurs), les éditeurs recherchaient des livres susceptibles de se vendre le plus largement possible. On ne peut certes parler de best-seller, mais l’écoulement régulier des ouvrages de référence généraux (dictionnaire, florilège, collection de choses mémorables ou de lieux communs), était assuré, car ils pouvaient intéresser différents types de lecteurs : prêcheurs, magistrats, enseignants, étudiants (s’ils étaient bien nantis), ainsi que les nobles et les hommes d’action. Auteurs et imprimeurs, en partie dans l’espoir d’une récompense, invoquaient souvent ces derniers dans les dédicaces, où ils faisaient surtout valoir l’argument que les hommes d’action, n’ayant pas le temps de lire beaucoup, apprécieraient l’accès facile aux meilleurs textes que promettaient ces collections. Pour subvenir aux besoins de tous ces lecteurs différents, les auteurs et les imprimeurs d’ouvrages de référence étaient particulièrement attentifs aux outils de consultation dont ils dotaient leurs textes. Ces outils étaient les points d’accès par lesquels chaque lecteur chercherait la matière susceptible de l’intéresser.

inscription des savoirslivrepage de titre pratiques savantespratique lettréecorrection pratiques savantespratique lettréeannotation inscription des savoirslivreindexAussi les pages de titre et préfaces vantaient-elles fréquemment la présence de tables et d’index plus nombreux, plus fournis et plus corrects que dans les éditions précédentes ou rivales. De plus, certains exemplaires portent en marge, manuscrites, des annotations qui montrent combien les lecteurs ont utilisé ces outils de consultation en leur apportant des corrections, des ajouts et même des index supplémentaires. Je fonde mes observations sur plusieurs exemples de genre différent. La Polyanthea de Domenico Nani Mirabelli, un professeur humaniste, reproduisait la forme du florilège médiéval : citations classées sous des rubriques organisées alphabétiquement (environ 40 éditions entre 1503 et 1686). Les Adages d’Érasme (véritable best-seller avec 163 éditions entre 1508 et 1696 4) ont pris une forme sans antécédent médiéval, imitée des miscellanées antiques : quelque 4 300 adages commentés sont disposés délibérément sans ordre, ni systématique ni alphabétique, au nom du plaisir de la varietas ; mais les index que fournit Érasme lui-même promettent aussi la possibilité d’y trouver ce que l’on cherche5. Plusieurs encyclopédies de la Renaissance étaient organisées systématiquement selon toutes sortes de principes différents (ordre de la création, hiérarchie des disciplines entre beaucoup d’autres)6. La collection la plus vaste, équivalente du Speculum de Vincent de Beauvais, est le Theatrum vitae humanae de Theodor Zwinger, médecin et érudit bâlois, dont les trois éditions successives (1565, 1571 et 1586) passèrent de 1,5 à 4,5 millions de mots. En 1631, le prélat anversois Laurentius Beyerlinck compila un Magnum theatrum vitae humanae, fondé sur le texte de Zwinger, qu’il modifia pour un public catholique et augmenta de 200 % pour lui faire atteindre un total de 10 millions de mots, soit sept volumes in-folio de 1 000 pages chacun. Dans cette refonte de l’ouvrage, Beyerlinck substitua l’ordre alphabétique à l’ordre systématique choisi par Zwinger 7.

À l’époque moderne, tous ces types d’ouvrages, y compris ceux organisés par rubriques alphabétiques, dont la consultation était en principe déjà aisée, fournissaient une table des matières : liste des rubriques ou des titres de chapitre dans l’ordre du texte. Les ouvrages systématiques et miscellanées présentaient aussi d’autres outils : index alphabétiques de différentes sortes et dans certains cas tables graphiques.

La table des matières (elenchus ou series titulorum)

inscription des savoirslivretexte inscription des savoirslivretable des matièresLa table des matières est l’outil de consultation le plus largement répandu et le plus ancien. Elle énumère les divisions (rubriques, ou titres et numéros des livres et chapitres) dans l’ordre du texte et ne demande donc pas un gros travail supplémentaire (pas de travail d’indexation). On trouve des tables des matières dans quelques œuvres antiques. Pline consacre le premier des 38 livres de son Histoire naturelle à une liste des titres des livres et de leurs chapitres, qui suivent une succession thématique lâche. Une liste similaire au début des Nuits attiques d’Aulu Gelle est particulièrement utile pour la consultation de cet ouvrage puisqu’il était délibérément organisé comme des miscellanées désordonnées (bien que les historiens y aient reconnu une association d’idées voire un plan sous-jacent)8. Dès le début du Moyen Âge, les Étymologies d’Isidore de Séville contenaient une table des matières, due à son jeune collègue Braulio qui édita le texte9. Les grands ouvrages de consultation du xii e siècle comme le Décret de Gratien et les Sentences de Pierre Lombard présentaient une liste des chapitres.

inscription des savoirslivrepage de titre pratiques savantespratique lettréecopie manuscrite espaces savantslieuuniversitéLa table des matières devint habituelle dans les copies de manuscrits faits par les libraires universitaires à partir du milieu du xiii e siècle 10. La liste des matières dans l’ordre de leur apparition dans le livre figure également dans les imprimés. Ces tables sont souvent dénommées « index », d’où le fait que les pages de titre annoncent parfois plus d’index dans un volume que le lecteur d’aujourd’hui n’en compte en utilisant la notion moderne de ce qu’est un index.

pratiques savantespratique lettréerecueil de lieux communs inscription des savoirslivrenuméro de pageLa liste des matières à l’époque moderne ne contient souvent pas de numéros de folios ou de pages. Dans un livre organisé par rubriques alphabétiques comme un florilège, la table (elenchusou series titulorum) consiste typiquement en une liste des rubriques en plusieurs colonnes que le lecteur peut parcourir rapidement en quête de son meilleur point d’accès ; les lecteurs lui ajoutaient parfois des numéros de pages pour faciliter une consultation rapide11. Dès les premières éditions des Adages, Érasme a fourni une liste de 257 rubriques thématiques sous lesquelles il renvoyait aux adages appropriés, mais cette liste était désordonnée et exigeait donc qu’on la lise en entier pour trouver une rubrique intéressante. Dans un exemplaire de l’édition de 1508, un lecteur a ajouté en manuscrit un index alphabétique à cette liste désordonnée. À partir de 1515, les éditions érudites des Adages comportaient un index alphabétique imprimé pour la liste de rubriques désordonnée. Sans présumer un contact direct entre ce lecteur et cet éditeur (leurs systèmes d’indexation sont différents), on peut conclure que les lecteurs appréciaient de bons outils de consultation et que les éditeurs cherchaient à satisfaire cette demande12.

inscription des savoirsvisualisationvisualisation de l’informationliste pratiques savantespratique intellectuellehiérarchisationLe Theatrum de Zwinger, le premier à rivaliser puis à dépasser en taille le Speculum de Vincent de Beauvais, perfectionna la table des matières pour mettre en évidence la hiérarchie des subdivisions par l’emploi de tabulations (« indents »). Zwinger était particulièrement fier de l’organisation systématique complexe du Theatrum qu’il mit en valeur de cette façon novatrice. Alors que dans la première édition l’elenchus titulorumconsistait en une énumération simple des rubriques, en 1586 Zwinger fait ressortir quatre niveaux de hiérarchie à l’intérieur des rubriques importantes par l’emploi de tabulations.

En 1631, Beyerlinck étend cette présentation sur cinq niveaux de divisions hiérarchiques. Il présente ainsi d’une manière très détaillée la structure systématique à l’intérieur des rubriques qui se succèdent alphabétiquement. En ajoutant des numéros de pages à chaque sous-rubrique, cet elenchus particulièrement sophistiqué permet à la fois de voir la structure de chaque article (dont les plus longs, notamment pour « bellum », ont plus de cent pages) et d’accéder rapidement à une sous-rubrique particulière.

Une table des matières sophistiquée
            indiquant la subdivision de chaque sujet dans l’ordre du texte :
            « Series titulorum », Theodor ,
             (1586), University
            of Chicago Library, Special Collections Research Center.
Figure 1. Une table des matières sophistiquée indiquant la subdivision de chaque sujet dans l’ordre du texte : « Series titulorum », Theodor Zwinger, Theatrum vitae humanae (1586), University of Chicago Library, Special Collections Research Center.

L’index alphabétique des rubriques

La liste des rubriques par ordre d’apparition servait d’index alphabétique pour des livres organisés alphabétiquement comme la Polyanthea ou le Magnum theatrum. Mais dans le cas d’une organisation systématique, comme pour le Theatrum de Zwinger, un index alphabétique des rubriques s’imposait comme moyen d’accéder à une matière particulière sans qu’il soit nécessaire de maîtriser l’organisation de l’énorme ouvrage ou de lire toute la table des rubriques dans l’ordre de leur traitement dans le texte. Ainsi dès sa première édition, le Theatrum de Zwinger comprenait un index titulorum alphabétique, même si l’imprimeur a dû s’excuser de n’avoir pu réaliser l’index thématique alphabétisé qu’il avait prévu en raison d’une épidémie de peste (et de sa hâte à vendre l’ouvrage aux foires de Francfort)13. Effectivement, l’index alphabétique des rubriques exigeait un travail nettement moins onéreux qu’une indexation thématique puisqu’il s’agissait simplement d’alphabétiser les rubriques présentes dans la table ou elenchus.

Mais même ce premier index alphabétique rend Zwinger conscient de la difficulté inhérente aux choix de rubriques que font l’auteur et le lecteur en quête de matière. Alors que la table des matières demande plutôt aux lecteurs de s’adapter à la conception de l’auteur, l’index alphabétique peut sembler leur promettre la possibilité de trouver exactement ce qu’ils cherchent. Or, si le lecteur cherche de la matière sous des rubriques autres que celles employées par l’auteur, il risque de ne rien trouver. C’est pourquoi Zwinger ajoute une petite préface à cet index (dans l’édition de 1586) expliquant la nécessité de regarder sous plusieurs termes dans l’index.

Si les choses ne paraissent pas sous une rubrique, regardez sous un terme synonyme. Ainsi « gloire » et « honneur », […] « ruse » et « acuité », « magistrat » et « prince » […] alors qu’ils sont semblables en réalité sont différents dans leur terminologie, si bien que fréquemment les choses échapperont à quelqu’un qui cherche sans regarder sous des rubriques synonymes. Nous n’avons pas poursuivi ces petites divisions scrupuleusement pour éviter de favoriser la négligence des lecteurs par une diligence excessive14.

Zwinger cherchait à désarmer la critique de ceux qui risquaient de se plaindre de ne pas trouver ce qu’ils cherchaient dans l’index. C’est une plainte que l’on trouve en effet chez les pédagogues qui décourageaient leurs étudiants de se fier aux index, avec l’argument que ceux-ci omettent toujours exactement ce que l’on cherche15. Zwinger en revanche présentait comme une vertu l’absence de renvois dans l’index (il en propose certains dans le texte au début ou à la fin d’une rubrique) et déclarait ne pas vouloir encourager la paresse du lecteur en lui fournissant des renvois exhaustifs. Au contraire, affirmait Zwinger, c’est au lecteur de rester actif dans la poursuite de ses recherches et attentif aux synonymes qui pourraient lui être utiles. Du reste, ce conseil n’a rien perdu de son actualité aujourd’hui à l’ère des mots clés et des recherches électroniques.

Index des noms propres

inscription des savoirslivreparagrapheEn 1571 Zwinger ajoutait, à la suite de l’index alphabétique des rubriques, un index exemplorum, c’est-à-dire un index des noms des individus, lieux ou peuples figurant dans chaque exemplum ou paragraphe. Zwinger expliquait que son but était de présenter la conduite humaine dans toute sa diversité en offrant des milliers d’anecdotes ou d’exemples dont le lecteur pourrait tirer des leçons de morale et de conduite. En introduisant cet index, Zwinger remarquait que l’ordre alphabétique ne respectait malheureusement pas l’ordre chronologique mais que c’était la solution la plus pratique. Zwinger était aussi conscient du problème des noms multiples sous lesquels on pouvait désigner et connaître un personnage : nomen, praenomen, cognomen ou agnomen(nom, prénom, surnom), formes vernaculaire et latine, et orthographes multiples. La solution de Zwinger était de présenter plusieurs points d’accès à un même personnage.

inscription des savoirsvisualisationvisualisation de l’informationlistePlus généralement les index de noms propres au xvi e siècle hésitaient entre le prénom et le nom comme mode d’accès principal. Dans sa Bibliotheca universalis (1545), Conrad Gesner organisa sa liste de quelque 3 000 auteurs de textes en latin, grec et hébreu par prénoms ; mais il fournit aussi un index de correspondance entre noms de famille et prénoms (« Luther, voir Martin »). Dans sa Bibliothèque française (1584), François de La Croix du Maine rangea les auteurs par leur prénom, mais inclut dans l’index les noms de famille et leurs variantes orthographiques (par exemple : de Crenne Elisenne et de Crenne Helisenne ; Seve ou Sceve Maurice)16. Il souligna aussi l’avantage de l’ordre alphabétique qui évitait les disputes de préséance dans l’ordre de présentation de personnes17.

Index alphabétiques généraux

L’index alphabétique général souvent appelé « index des mots et choses mémorables » n’a pas toujours été le premier à être confectionné dans les ouvrages de référence modernes. Il n’apparaît que dans la quatrième édition du Theatrum publié en 1604 après la mort de Theodor Zwinger par son fils Jacob. Dans les éditions des Adages d’Érasme, l’index général était le troisième index, ajouté en 1550, après l’index des adages classés par incipit, puis l’index non alphabétique par rubriques de lieux communs (doté après 1515 d’un petit index alphabétique qui ne figure pas dans le total des index annoncés sur la page de titre). Ce troisième index était défini comme un « index de choses dignes d’être remarquées et qui ne sont pas contenues dans le premier index ». Ainsi les deux index se complètent-ils : « rien n’a été omis [de ce troisième index] à moins qu’il ne figure dans le premier index ». Le Theatrum et les Adages d’Érasme accumulèrent chacun quatre index différents et complémentaires (pour le quatrième index des Adages, voir infra).

La multiplication d’index séparés pouvait prendre des proportions remarquables. Dans l’Historia animalium (1551-1558) de Conrad Gesner, chaque volume consacré à un type d’animal (quadrupèdes, reptiles, oiseaux, poissons) comptait une dizaine d’index de noms d’espèces différenciés par langue (hébreu, grec et latin, et plusieurs vernaculaires). De même l’Ornithologie (1599) d’Ulisse Aldrovandi était accompagnée de dix-sept index séparés18. En théologie, la Secunda secundae de Thomas d’Aquin (partie de la Somme souvent reproduite, car elle traitait des vertus) présentait sept index portant notamment sur les lieux communs, les citations bibliques, les doctrines mémorables, les hérésies réfutées. De plus, de nombreux index du xvi e siècle n’étaient pas strictement alphabétiques et ne regroupaient pas les entrées concernant le même terme ; ainsi trouve-t-on une dizaine de références séparées relatives à « terra »dans la Margarita philosophica de Gregor Reisch (dix éditions entre 1503 et 1599)19. Cette prolifération d’index et de termes indexés séparément explique en partie pourquoi la consultation des index avait la réputation d’être pénible, comme l’observait Gesner : « C’est souvent déplaisant d’avoir toujours à aller à l’index pour chercher quelque chose20. »

Pour pallier cette prolifération, certains proposaient des entrées regroupées et subdivisées dans un index unique. Ainsi, après les multiples index de son Historia animalium de 1551, Gesner se vantait de présenter un seul index à son édition des collections de Stobée en 1559, incluant noms propres et rubriques thématiques. De même Beyerlinck dotait-il son Magnum theatrum de 1631 d’un index unique de 687 pages, attribué à un certain R. Princtius, licencié en théologie, qui mentionnait à son tour une « diversité de collectionneurs » qui y avaient sans doute contribué. Cet index unique incluait toutes les rubriques et sous-rubriques, les noms propres et les thèmes souvent cachés dans un exemple. Ainsi l’exemple de Paracelse puni pour avoir demandé un prix excessif pour ses services apparaît-il sous « Paracelse », « avarice » (la rubrique où l’exemple était traité), mais aussi sous « mercedis defraudatio punita »(fraude mercantile punie). Il n’y a aucun doublon non plus parmi les quelque 35 000 entrées de l’index – toutes les occurrences d’un terme sont regroupées. Cet index, ainsi que celui dont Johann Heinrich Alsted équipa son Encyclopædia (1630), est ainsi comparable aux index d’aujourd’hui21.

La liste des autorités (catalogus autorum et index autorum)

construction des savoirstraditionsource pratiques savantespratique intellectuelleclassementLa liste des autorités existe de longue date dans les textes d’érudition, sans avoir pour autant souvent servi d’outil de consultation. Ces paratextes qui existaient dès l’Antiquité furent transmis au Moyen Âge notamment dans les textes légaux tel le Digeste qui citait les 38 auteurs dont sa matière était tirée. Comme les autorités étaient souvent mentionnées dans les marges des manuscrits médiévaux dès le xii e siècle, il suffisait de classer ces noms dans l’ordre alphabétique pour compiler les listes d’autorités. Ces listes servaient d’une part à rehausser l’autorité du texte qui les citait, mais aussi quelquefois explicitement à encourager le lecteur à consulter directement les sources originales – c’est le but que mentionnait le Manipulus florum, un florilège de 1306, en préfaçant une liste de 24 auteurs et de leurs 376 ouvages, liste qui circula aussi indépendamment du florilège comme une sorte de bibliographie choisie22.

Un énorme index général mêlant noms propres,
            rubriques et « choses » ; à remarquer, quelques soulignements d’un
            lecteur intéressé par les Turcs : « Index rerum, verborum et
            exemplorum », Laurentius ,
             (1631),
            University of Chicago Library, Special Collections Research
            Center.
Figure 2. Un énorme index général mêlant noms propres, rubriques et « choses » ; à remarquer, quelques soulignements d’un lecteur intéressé par les Turcs : « Index rerum, verborum et exemplorum », Laurentius Beyerlinck, Magnum theatrum vitae humanae (1631), University of Chicago Library, Special Collections Research Center.

pratiques savantespratique lettréecompilationLa Polyanthea imprimée suivit le modèle du Manipulus florum, (d’où Nani tira aussi nombre de citations) en incluant une liste alphabétique des auteurs utilisés mais sans indiquer les titres. Comme souvent, les auteurs de la liste sont parfois difficiles à identifier – les compilateurs les citaient sans doute de deuxième main. Dans le Theatrum, Zwinger incluait un catalogus autorumà partir de la deuxième édition ainsi qu’une justification :

pratiques savantespratique lettréecitationC’est de l’ostentation de citer les noms des auteurs dont on n’a jamais vu les écrits et de ne pas citer les auteurs récents qu’on a utilisés par honte d’admettre en avoir appris quelque chose, mais c’est l’honnêteté de célébrer avec reconnaissance la mémoire des auteurs que l’on a trouvés utiles. Ainsi avons-nous énuméré brièvement une liste des auteurs sur l’autorité desquels nous nous sommes fondés dans ce Theatrum de peur que nous ne paraissions être les premiers à abandonner une habitude généralement observée23.

pratiques savantespratique lettréecompilation inscription des savoirsvisualisationvisualisation de l'informationliste Zwinger reconnaît ainsi les abus de ces listes qui peuvent mentionner des auteurs que le compilateur n’a pas lus et omettre ceux dont il s’est le plus servi, mais il n’ose pas renoncer à une liste qui semblait s’imposer pour le genre dans lequel il écrivait.

inscription des savoirsgenre éditorialcatalogueOn trouve quelques exceptions à la norme d’une simple liste de noms alphabétisés. Une édition abrégée in-8o des Adages d’Érasme (1530) offrait par exemple un catalogue des auteurs cités groupés par catégories – historiens, poètes, orateurs, etc. Dans ce livre de format réduit destiné à un public moins fortuné et moins éduqué que le grand folio que rédigea Érasme, la liste fournissait un peu plus d’informations sur la nature des auteurs cités, probablement pour instruire les lecteurs. Plus exceptionnel est le « quatrième index » ajouté à l’édition des Adages de Froben en 1551 : c’est un index exhaustif des auteurs cités mentionnant la page où se trouve chaque citation.

Il s’agit d’un outil d’érudition d’une grande précision mais dont les érudits eux-mêmes n’avaient pas l’habitude – on ne le retrouve à ma connaissance que dans l’édition Froben de 1559. Cet index exhaustif des auteurs cités se fonde peut-être sur le précédent des listes beaucoup plus brèves des passages corrigés par un humaniste, qui sont présentes notamment dans le genre des leçons antiques24, listes qui permettaient à l’auteur humaniste d’attirer l’attention sur ses contributions à l’édition textuelle des auteurs anciens dont il était particulièrement fier, en corrigeant (ou en surcorrigeant) les erreurs des éditions antérieures.

Un catalogue d’autorités typique, sans
            références au texte : Theodor ,
            Theatrum vitae humanae (1586), University of Chicago Library,
            Special Collections Research Center.
Figure 3. Un catalogue d’autorités typique, sans références au texte : Theodor Zwinger, Theatrum vitae humanae (1586), University of Chicago Library, Special Collections Research Center.
Un index exceptionnel d’auteurs cités
            indiquant les pages où figurent les citations : , Adagiorum chiliades quatuor (Bâle,
            Froben, 1551), Houghton Library, Harvard University.
Figure 4. Un index exceptionnel d’auteurs cités indiquant les pages où figurent les citations : Érasme, Adagiorum chiliades quatuor (Bâle, Froben, 1551), Houghton Library, Harvard University.

Le diagramme dichotomique

inscription des savoirsvisualisationvisualisation de l'informationschéma inscription des savoirsvisualisationvisualisation de l'informationdiagrammeAu xvi e siècle on désignait du nom de tabuladifférentes formes de présentation graphique d’un matériel textuel : la table en rangées et colonnes bien connue par la diffusion des tables chronologiques d’Eusèbe et le diagramme dichotomique souvent attribué à Pierre de La Ramée (1515-1572), mais qui était d’un usage répandu déjà au Moyen Âge et dans l’imprimé avant la pédagogie ramiste25. La plupart du temps le diagramme dichotomique offrait non pas un outil de consultation du texte, mais plutôt une division logique du sujet qui souvent ne correspondait pas directement au texte. Ainsi dans la Polyanthea de Nani Mirabelli, quelque seize articles contiennent un diagramme à embranchements qui ne se rapportent en rien au contenu de l’article ; ces diagrammes sont des citations graphiques de passages de Thomas d’Aquin qui correspondaient à la rubrique en question26. Le schéma pouvait servir en particulier de guide à une présentation systématique du sujet notamment par un prêcheur ou un enseignant.

inscription des savoirsvisualisationvisualisation de l’informationdiagramme inscription des savoirsécrituresémiologie graphiqueastérisque Conrad Gesner utilisa un diagramme à embranchements au début des Pandectes (1548) – énorme projet d’indexation thématique des livres énumérés dans sa Bibliotheca universalis de 1545. Le diagramme permettait d’observer la succession des vingt livres des Pandectes, mais ne contenait aucun numéro de page – c’était un guide abstrait plutôt qu’utile. De même Theodor Zwinger a-t-il consacré plusieurs pages de chaque préface à son Theatrum à un diagramme dichotomique qui était censé expliquer l’organisation complexe de son texte. S’échelonnant sur une dizaine de pages liées l’une à l’autre par des astérisques ou d’autres symboles, il est d’une lecture difficile et ne fournit pas de références précises au texte imprimé qui suit. Un diagramme figure aussi au début de chaque livre du Theatrum (29 livres en 1586) pour présenter l’organisation logique du sujet que Zwinger suit avec plus ou moins de fidélité dans le texte (on trouve par exemple des rubriques dans le diagramme qui ne sont pas dans le texte). Zwinger reconnut sa dette envers Pierre de La Ramée avec qui il étudia à Paris, tout en refusant de le suivre dans sa critique d’Aristote 27. Comme La Ramée, Zwinger considérait la disposition d’un sujet et de ses subdivisions comme une étape essentielle de leur maîtrise cognitive. Ainsi, dans chaque nouvelle édition de son Theatrum, Zwinger proposait-il une nouvelle disposition de sa matière, plus complexe et plus correcte, après y avoir consacré de toute évidence un travail considérable.

Il semblerait cependant que les contemporains de Zwinger n’aient pas trouvé que ses diagrammes ou son organisation fussent très utiles. Un contemporain de marque, Bartholomaeus Keckermann (1573-1609), professeur de philosophie et de théologie à Heidelberg puis à Dantzig, se plaignait explicitement de l’organisation systématique du Theatrum :

Dans le Theatrum [Zwinger] essaya d’inclure des rubriques de toutes les choses par un travail énorme mais je ne sais pas s’il produisit un fruit à la hauteur de son travail. En effet l’ordre [qu’il suit] n’est pas constitué selon la logique et il n’est pas tel que l’on puisse y référer toutes les choses ni trouver ce que l’on veut sans grande difficulté à moins qu’on ne prenne appui sur l’index alphabétique28.

Beyerlinck expliquait aussi, dans sa préface au Magnum theatrum, que les lecteurs appréciaient davantage l’ordre alphabétique29. J’ai trouvé en effet en consultant de nombreux exemplaires un seul cas d’annotation d’un diagramme de Zwinger, alors que ses index étaient souvent annotés.

Conclusion

typologie des savoirsdisciplinesdivisions historiques des savoirshumanisme inscription des savoirsgenre éditorialencyclopédie inscription des savoirslivreimpriméLes ouvrages de référence humanistes, nombreux et souvent réédités, ont joué un rôle important dans le développement des outils de consultation et dans la familiarisation des lecteurs modernes à leur emploi. Au xiii e siècle l’accès aux index alphabétiques, aux concordances bibliques ou au Speculum de Vincent de Beauvais était limité à une petite élite, surtout cléricale. L’imprimerie a facilité la production et la diffusion d’ouvrages volumineux munis d’index et de tables de plusieurs types. Pendant le xvi e siècle ces outils sont souvent accompagnés d’explications – sur l’emploi des index ou l’utilité d’un volume organisé alphabétiquement. En 1551, Gesner observait dans la préface de son Historia animalium qu’il était plus utile de consulter ce livre « par intervalles » que de le lire de bout en bout30. À la fin du xvii e siècle, ces explications n’étaient plus nécessaires : les termes latins et vernaculaires pour la lecture de consultation sont bien établis (consulere, consulter, look up, nachschlagen). Le Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle et plusieurs autres ouvrages de référence en langue vernaculaire de la fin du xvii e siècle marquent le début d’une période connue même à l’époque comme l’âge des dictionnaires et de l’Encyclopédie. Ces développements essentiels à l’âge des Lumières reposaient sur les expériences des auteurs, imprimeurs et lecteurs des ouvrages de référence imprimés aux xvi e et xvii e siècle. Ceux-ci ont diffusé parmi un public éduqué une culture latine humaniste mais aussi des habitudes de lecture de consultation qui étaient essentielles au succès des grandes encyclopédies en langue vernaculaire – index, tables et renvois. Ces compilateurs humanistes ont aussi souligné certaines difficultés inhérentes à la gestion du savoir, dont nous faisons l’expérience aujourd’hui encore, comme le choix des rubriques ou des mots clés, et les orthographes multiples.

Notes
1.

Bardon, 1952, p. 13.

2.

Mon décompte est fondé sur l’édition de 1624 : 8 226 colonnes, 70 lignes par colonne et 8 mots par ligne. Pour la riche littérature sur Vincent de Beauvais, voir Paulmier-Foucart et al., 1990 ; Lusignan et Paulmier-Foucart, 1997 ; Paulmier-Foucart, 2004 ; et le site animé par Hans Voorbij : http://www.cs.uu.nl/groups/IK/archives/vincent/bibl/subj/sh.htm

3.

Voorbij, 2000, p. 41-43.

4.

Van Haeghem, 1893.

5.

Pour un exemple d’Érasme au travail sur un index, avec son amanuensis Nicolaus Cannius, voir Michelini Tocci, 1989, p. 39-49 et fig. 6-7.

6.

Michel, 2002.

7.

Pour un traitement plus détaillé de ces ouvrages voir Blair, 2010, chap. iv.

8.

Holford-Strevens, 2003, p. 35.

9.

Henderson, 2007, p. 19-21.

10.

Minnis, 1979, p. 394.

11.

Dans un exemplaire de Stobaei collectiones (Venise, 1536), British Library cote 653.a.7, un lecteur anonyme a ajouté des numéros de pages dans la liste des rubriques.

12.

Pour des illustrations de ce cas, voir Blair, 2008, p. 278-86.

13.

Zwinger, 1565, sig. FFF[5r].

14.

« Est et alterum hic observandum : quae sub uno fortasse charactere non occurrent, in synonymo quaerenda esse. Sic Gloria et Honor, Opes et Divitiae, Magistratus et Principes, Dolus et Fraus et Astutia et Calliditas, Stultitia et Imprudentia et Stupiditas, cum re conveniant, nomenclatione differant, inquirentis studium non raro deludent, nisi a synonymi classe subsidium petatur. Minutas divisiones scrupulose non sumus persecuti, ne nimia diligentia aliorum negligentiam seu potius inertiam foveremus. » (Zwinger, 1586, sig. AAaAAr.)

15.

Drexel, 1638, p. 73.

16.

La Croix du Maine, 1584, sigs. eiijv, oijv.

17.

Les index des noms propres sont encore particulièrement utiles aujourd’hui pour accéder aux ouvrages de référence du passé, car les noms n’ont pas subi autant de modifications que les rubriques et les catégories intellectuelles sur lesquelles ils figurent.

18.

Pinon, 2003.

19.

Reisch, 1973.

20.

Gesner, 1551, sig. b1v.

21.

Voir aussi Blair, 2000.

22.

Rouse, 1965.

23.

« Ostentationis est, vetustissimorum authorum nomina, quorum scripta nunquam videris, in testimonium adducere et dum a recentioribus res ipsas discere non pudet, ab ijs tamen didicisse aliquid fateri nolle. At ingenui candoris, gratam eorum, per quos profeceris, memoriam conservare et celebrare. Ergo eorum scriptorum catalogum, quorum auctoritates in hoc Theatro bona fide adductas deprehendimus, breviter recensebimus, vel quia Indicum ratio sic efflagitabat, vel certe, ut ne in receptum ab omnibus morem delinquere primi videremur. » Zwinger, 1586, sig. YYyYY7r.

24.

Sur ce genre, voir Blair, 2006, et, comme exemple, Rhodiginus, 1542.

25.

Grafton et Williams, 2006 ; Höltgen, 1965.

26.

Nani Mirabelli, 1503, s. v. « abusio ».

27.

Gilly, 1979, p. 130-132.

28.

« Plenior ordo alienus in rebus seu volumen plenius, praescriptum est a Zwingero in Theatro vitae hum. quo ordine conatus est ille vir omnium rerum titulos comprehendere, ingenti quidem labore, sed nescio an pari fructu : nam nec secundum Logicam accurate is ordo constitutus est, nec talis, ut omnia ad eum possis referre nec denique talis ut sine difficultate magna possis reperire id quod cupis nisi confugias ad indicem alphabetarium. » (Keckermann, 1614, col. 225 [numéroté 211 par erreur].)

29.

Beyerlinck, 1631, sig. e3v.

30.

Gesner, 1551, sig. b1v.

Appendix A Bibliographie

  1. Bardon, 1952 : Henry Bardon, La Littérature latine inconnue, Paris.
  2. Beyerlinck, 1631 : Laurentius Beyerlinck, Magnum Theatrum Vitae Humanae, Lyon.
  3. Blair, 2000 : Ann Blair, « Annotating and indexing natural philosophy », in Marina Frasca-Spada et Nick Jardine (éd.), Books and the Sciences in History, Cambridge, p. 69-89.
  4. Blair, 2006 : A. Blair, « The Collective Commentary as Reference Genre », in Ralph Häfner et Markus Völkel (éd.), Der Kommentar in der Frühen Neuzeit, Tübingen, p. 115-131.
  5. Blair, 2008 : A. Blair, « Corrections manuscrites et listes d’errata à la Renaissance », in Jean Dupèbe et al. (éd.), Esculape et Dionysos. Mélanges en l’honneur de Jean Céard, Genève, p. 269-286.
  6. Blair, 2010 : A. Blair, Too Much To Know : Managing Scholarly Information Before the Modern Era, New Haven.
  7. Drexel, 1638 : Jeremias Drexel, Aurifodina artium et scientiarum omnium ; excerpendi sollertia, Anvers.
  8. Gesner, 1551 : Conrad Gesner, Historia animalium lib. I de Quadrupedibus viviparis, Zurich.
  9. Gilly, 1979 : Carlos Gilly, « Zwischen Erfahrung und Spekulation. Theodor Zwinger und die religiöse und kulturelle Krise seiner Zeit », Basler Zeitschrift für Geschichte und Altertumskunde, 79, p. 125-223.
  10. Grafton et Williams, 2006 : Anthony Grafton et Megan Williams, Christianity and the Transformation of the Book : Origen, Eusebius and the Library of Caesarea, Cambridge (Mass.).
  11. Henderson, 2007 : John Henderson, The Medieval World of Isidore of Seville, Cambridge.
  12. Holford-Strevens, 2003 : Leofranc Holford-Strevens, Aulus Gellius : An Antonine Scholar and His Achievement, Oxford.
  13. Höltgen, 1965 : Karl Höltgen, « Synoptische Tabellen in der medizinischen Literatur und die Logik Agricolas und Ramus », Sudhoffs Archiv, 49, p. 371-390.
  14. Keckermann, 1614 : Bartholomaeus Keckermann, « Consilium logicum de adornandis et colligendis locis communibus, rerum et verborum », in Opera omnia, Genève, vol. 2, col. 220-242.
  15. La Croix du Maine, 1584 : François de La Croix du Maine, Premier volume de la bibliothèque, Paris.
  16. Lusignan et Paulmier-Foucart, 1997 : Serge Lusignan et Monique Paulmier-Foucart (éd.), Lector et compilator. Vincent de Beauvais frère prêcheur, Grâne.
  17. Michel, 2002 : Paul Michel, « Ordnungen des Wissens. Darbietungsweisen des Materials in Enzyklopädien » in I. Tomkowiak (éd.), Populäre Enzyklopädien. Von der Auswahl, Ordnung and Vermittlung des Wissens, Zurich, p. 35-83.
  18. Michelini Tocci, 1989 : Luigi Michelini Tocci, In officina Erasmi : l’apparato autografo di Erasmo per l’edizione 1528 degli Adagia e un nuovo manoscritto del compendium vitae, Rome.
  19. Minnis, 1979 : Alastair J. Minnis, « Late Medieval Discussion of Compilatio and the Role of the Compilator », Beiträge zur Geschichte der deutschen Sprache und Literatur, 101, p. 385-421.
  20. Nani Mirabelli, 1503 : Domenico Nani Mirabelli, Polyanthea, Savone.
  21. Paulmier-Foucart, 2004 : Monique Paulmier-Foucart, Vincent de Beauvais et le grand miroir du monde, Turnhout.
  22. Paulmier-Foucart et al., 1990 : M. Paulmier-Foucart, Serge Lusignan et Alain Nadeau (éd.), Vincent de Beauvais : Intentions et réceptions d’une œuvre encyclopédique au Moyen Âge, Saint-Laurent.
  23. Pinon, 2003 : Laurent Pinon, « Entre compilation et observation : l’écriture de l’ornithologie d’Ulisse Aldrovandi », Genesis, 20, p. 53-70.
  24. Reisch, 1973 : Gregor Reisch, Margarita philosophica, fac-similé de l’édition de Bâle, 1517, Düsseldorf.
  25. Rhodiginus, 1542 : Ludovicus Caelius Rhodiginus, Lectiorum antiquarum libri XXX, Bâle.
  26. Rouse, 1965 : Richard Rouse, « The List of Authorities Appended to the Manipulus Florum », Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge, p. 243-250.
  27. Van Haeghen, 1893 : Ferdinand Van Haeghen, Bibliotheca erasmiana : répertoire des œuvres d’Érasme, Gand.
  28. Voorbij, 2000 : Hans Voorbij, « Purpose and Audience : perspectives on the Thirteenth-Century Encyclopedias of Alexander Neckham, Bartholomaeus Anglicus, Thomas of Cantimpré and Vincent of Beauvais », in S. Harvey (éd.), The Medieval Hebrew Encyclopedias of Science and Philosophy. Proceedings of the Bar-Ilan University conference, Dordrecht, p. 31-45.
  29. Zwinger, 1565, 1571 et 1586 : Theodor Zwinger, Theatrum vitae humanae, Bâle.